Christine Boutin a évoqué la nécessité de modifier les critères d'attribution des aides au logement (APL, ALS) pour les étudiants. Si cette décision venait à
prendre effet, entre 100 000 et 300 000 étudiants pourraient voir leur aide baisser ou supprimer à la rentrée prochaine. L'UNEF demande à la ministre de renoncer à une telle évolution et lance
une lettre ouverte à Christine Boutin.
Les aides au logement dont bénéficient 600 000 étudiants sont les seules aides calculées sur la situation de l'étudiant et non sur celle de ses parents.
Beaucoup d'étudiants qui ne peuvent pas toucher les bourses sur critères sociaux n'ont donc que cette aide pour subvenir à une partie de leurs besoins.
Depuis quelques semaines Mme Boutin parle de calculer ces aides sur la situation des parents. Cette réforme aurait de nombreuses conséquences. En premier lieu ce serait 100 000 à 300 000
étudiants qui verraient leurs aides au logement baisser voire disparaitre. Dans la situation financière actuelle de beaucoup d'étudiants et compte tenu des manquements du système des bourses, ce
retour en arrière pourrait constituer un véritable frein aux études pour beaucoup d'étudiants!
De plus cette réforme aurait des effets pervers sur le marché locatif: en l'absence d'aides au logement pour les étudiants le marché se reporterait vers d'autres catégories
sociales.
Enfin, c'est un retour en arrière à une politique familiale alors que les étudiants aspirent à plus d'autonomie. Les étudiants se retrouveront dans la même situation que celle créée par le
systéme des bourses sur critères sociaux: dépendance familiale ou salariat!
Pour ces raisons, nous demandons à Christine
Boutin de renoncer à son projet de prise en compte des revenus des parents dans le calcul des aides au logement.
Nous demandons enfin que soit prise en compte notre aspiration à l’autonomie et la nécessité d’accéder à un
logement indépendant, en augmentant le montant des aides au logement pour nous permettre de faire face à l’augmentation des loyers !
Alors que la ministre souhaite présenter son projet de réforme fin juin, il nous reste très peu de temps pour nous faire entendre!
SIGNEZ LA LETTRE OUVERTE A CHRISTINE BOUTIN SUR LE SITE UNEF.FR!
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Construction de cités U : des retards innaceptables qui créent la pénurie !
Augmentation des loyers, exigences démesurées des propriétaires... Les difficultés d'accès au logement concernent l'ensemble des étudiants et entrainent précarité et de dépendance aux parents. Pour les étudiants, le constat est clair : les problèmes de logement seront d'abord réglés par un plan de construction de cités U permettant d'augmenter le nombre de logements sociaux et de faire baisser les loyers dans le privé.
En 2004, le gouvernement s'était engagé à construire 5000 chambres en cité U par an et à en réhabiliter 7000. 4 ans plus tard, l'Etat n'a pas respecté ses engagements et un retard important s'est accumulé. Un millard d'euros est nécessaire pour atteindre l'objectif de 40 000 nouvelles chambres.
Pour un plan d'accès de tous à un logement indépendant !
En dix ans, les loyers dans le privé ont doublé alors que les aides au logement n'ont pas évolué depuis 1995 ! Accèder à un logement individuel est de plus en plus difficile (trouver un garant, payer le dépôt de garantie). Les situations de mal logement se multiplient. Si la construction de cité U est un levier indispensable, il faut également agir sur le parc privé pour que l'accès à un logement indépendant soit un droit pour les étudiants.
Face à l'urgence les étudiants exigences des mesures immédiates :
- Revalorisation des APL/ALS pour faire face à l'escalade des loyers dans les villes universitaires
- Généralisation du cautionnement solidaire (Locapass) pour supprimer la caution et le dépôt de garantie
- Versement des aides au logement dès le mois d'emménagement
- Exonération de la taxe d'habitation pour les étudiants
Pour construire des logements en cités U, exigeons un millard d'euros !
Signez la pétition de l'UNEF !
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Xavier Bertrand a annoncé mercredi 29 janvier avoir signé un décret permettant la rémunération des stages de plus de 3 mois à 30% du SMIC, reprenant exactement les termes de la loi égalité des chances de 2006, qui n’avait jamais fait l’objet de décret d’application.
Beaucoup de bruit pour rien
Alors qu’un comité de suivi des stages a été mis en place et que l’ensemble des organisations syndicales jugeaient le contenu de la loi égalité des chances totalement insuffisant, le gouvernement s’est contenté de produire du réchauffé et a réalisé le décret d’application qui aurait dû sortir il y a deux ans. Suite au tollé provoqué par une première présentation du décret en novembre, Xavier Bertrand avait d’ailleurs rouvert des discussions pour revoir sa copie. L’UNEF s’étonne de la faiblesse des réponses apportées. Pourquoi créer un comité et passer plusieurs dizaines d’heures en réunion pour réchauffer du déjà cuit ?
Un décret qui ne concernera pas la majorité des stagiaires
Le décret comporte deux insuffisances majeures : la rémunération n’est mise en place que pour les stages de plus de 3 mois et son montant est totalement insuffisant. La majorité des stages étudiants durent moins de 4 mois, notamment ceux de licence et licence pro, DUT, BTS et master professionnel. Dans le cadre de la réforme de la licence, Valérie Pécresse a d’ailleurs annoncé qu’un stage d’une durée maximale de 3 mois serait obligatoire en 3ème année. Ainsi, le décret du gouvernement ne concernera même pas l’écrasante majorité des stages étudiants qu’il souhaite encourager dans les études.
30% du SMIC, une aumône pour les étudiants
Le montant même de la rémunération prévue sonne comme un affront pour les stagiaires. Alors que le pouvoir d’achat est un enjeu central pour les étudiants, ne pas prévoir de rémunération à la hauteur du travail effectué ne peut-être vécu comme une marque de mépris. Un étudiant qui réalise un stage de plus de 3 mois contribue très directement à la productivité de l’entreprise, et il doit être reconnu comme tel. Les étudiants ne sont pas une main d’œuvre gratuite. L’UNEF et la grande majorité des organisations syndicales revendiquent donc une rémunération minimale de 50% du SMIC dès le premier mois de stage pour l’ensemble des stagiaires. Valérie Pécresse avait reconnu cette nécessité lorsqu’elle était député en présentant en 2006 une proposition de loi visant à permettre une rémunération des stages à 50% du SMIC. Pourquoi a-t-elle renoncée à ses ambitions alors qu’elle a désormais les moyens d’agir en tant que Ministre ?
Aucune mesure pour lutter contre les abus
Enfin, qu’il est de notoriété publique que les stagiaires constituent une main d’œuvre très qualifiée et gratuite permettant bien souvent de remplacer des salariés, le décret ne prévoit aucune mesure encadrant le recours aux stages. Ainsi, avec ce décret, le gouvernement créé une nouvelle catégorie de précaires, hautement qualifiés et maintenus totalement en dehors de tout droit du travail. Ce faisant, il fragilise encore plus l’insertion des jeunes diplômés, en incitant les entreprises à avoir recours à des stages plutôt qu’à des salariés.
L’UNEF exige une loi et fait part de ses propositions
Xavier Bertrand a annoncé lors de ses vœux la possibilité d’une modification législative en matière de stages : les ministres auront donc une session de rattrapage. L’UNEF exige que Xavier Bertrand et Valérie Pécresse tiennent leurs promesses et revoient leur copie à l’occasion du vote d’une loi d’autant plus nécessaire que le décret est très en deçà des attentes et des besoins. L’UNEF demande que cette loi garantisse un statut du stagiaire articulé sur trois piliers:
- Le contenu pédagogique du stage et son encadrement
- La rémunération à 50% du SMIC minimum dès le premier mois, variant ensuite selon la durée du stage et le niveau de qualification
- Des garde-fous empêchant les abus : l’interdiction des stages hors cursus, la mise en place d’un quota maximal de stagiaires par entreprise…
Les propositions de l’UNEF pour une réglementation des stages
Pourquoi une réglementation nationale des stages est-elle nécessaire ?
L'enseignement supérieur intègre de plus en plus dans ses formations l'acquisition d'une expérience professionnelle. Les stages en cours de cursus en est une des formes nécessaire. Le stage a pour objet de parfaire une formation, par l’acquisition d’une expérience pratique et par familiarisation avec la vie professionnelle.
Aujourd’hui une réglementation des stages est nécessaire pour que ceux-ci cessent d’être un outil au service des entreprises pour bénéficier de jeunes diplômes bon marché, au lieu de les recruter sur un poste de salarié. L'avenir des entreprises réside aussi dans la formation des futurs jeunes diplômés. Elles doivent en conséquence être soumises à des obligations d’accueil et de formation des stagiaires, sans abus, ni détournement de l’objectif pédagogique initial.
Une réglementation nationale des stages doit garantir l'égalité de tous les étudiants en leur permettant d'accéder à des stages formateurs et qualifiants non soumis aux seuls intérêts des employeurs. Ainsi un droit au stage et un droit des stagiaires doit donner lieu à des garanties législatives.
Les 10 points que doit garantir une réglementation des stages
Une réglementation des stages doit garantir :
- Le stage doit avoir un objectif pédagogique et être en cohérence avec la formation suivie par l’étudiant. Le suivi pédagogique du stage doit être permanent. Le suivi doit permettre de confronter la pratique dans l'entreprise avec le projet pédagogique du stage.
- Dans l’entreprise, un tuteur salarié doit suivre le stagiaire pendant sa présence dans l’entreprise. Celui-ci ne doit suivre qu’un stagiaire.
- Le nombre de stagiaire dans l’entreprise doit être strictement limité.
- Une rémunération minimale des stages à hauteur de 50% du SMIC, proportionnelle à la durée du stage et au niveau de formation dans lequel il s’inscrit doit être garantie.
- Les périodes de stages doivent être incluses dans le calcul des annuités de retraite.
- La réglementation des stages doit être étendue à la fonction publique.
- La durée maximale d’un stage doit être limité à 6 mois.
- Les déplacements pendant la durée du stage doivent donner lieu à des indemnités de transport, de repas et de logement.
- Les stages hors cursus doivent être interdits.
- Le nombre de stagiaire dans l’entreprise doit être strictement limité.
- Des dispositions contraignantes doivent être prévues pour empêcher que les stagiaires ne remplacent des salariés.
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06.83.91.61.61-soit en envoyant un mail à contact@unef.fr ou
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