Dimanche 13 janvier 2008

Alors que le mouvement étudiant a permis d’obtenir un engagement financier de 15 milliards d’euros supplémentaires sur 5 ans pour les universités, aucune création de postes d’enseignants ou de personnels n’est prévue. Pire, dans l’enseignement secondaire et primaire, des coupes franches vont être opérées dans les postes ouverts aux concours de recrutement. Alors que les besoins sont criants dans le supérieur et que la démographie comme les départs en retraite exigent des recrutements dans le secondaire, le refus de recruter des personnels statutaires constitue un choix uniquement idéologique, s’inscrivant dans la droite ligne de l’objectif du président de la république de ne renouveler qu’un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite.
L’absence de recrutement dans les universités : un handicap majeur à la réussite des étudiants
Suite au mouvement étudiant, nous avons obtenu que Valérie Pécresse annonce un plan pour la réussite des étudiants en licence. Ce plan prévoit notamment :
La mise en place de 5 heures de cours supplémentaires par semaine, notamment en lettres et sciences humaines
La limitation à 20% de nombre de cours en amphi en 1ère année
La garantie de 2 h de cours de langues par semaine minimum
Le développement des dispositifs de soutien pour les étudiants en difficulté.
Alors que plus de 40% d’étudiants échouent en 1ère année, ce plan constitue une avancée importante puisqu’il permet enfin de mettre la priorité sur les 1ères années et de reconnaître la responsabilité de l’université dans l’échec des étudiants. Cependant, le recours à des vacataires ou à des heures supplémentaires ne suffira pas à faire reculer durablement l’échec. Seul le recrutement d’enseignant chercheurs titulaires permettra d’augmenter durablement les taux d’encadrement.
Les suppressions de postes dans l’éducation nationale : une remise en cause du service public
L’UNEF appelle également les étudiants à manifester pour dénoncer les coupes franches opérées dans les postes ouverts aux concours de l’enseignement. En effet, en guise de cadeau de noël, Xavier Darcos a annoncé une baisse des postes aux concours de l’enseignement de 9,2% par rapport à 2007 et de 30,5% par rapport à 2005. Dans le primaire, alors que les effectifs augmentent, le nombre de postes baisse de 8%, et dans le secondaire, c’est 15% de postes en moins qui sont ouverts. Annoncées au dernier moment, ces coupes constituent un coup de couteau dans le dos des étudiants. Ces baisses interviennent alors que des coupes massives avaient déjà été opérées les années précédentes, et correspondent à l’objectif du président de la république de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite. Ces suppressions de postes conduisent à une augmentation des effectifs par classe et à une diminution de l’offre de formation proposée aux élèves et menacent la qualité du service public d’éducation.
L’UNEF demande un plan pluriannuel de recrutement sur 5 ans, comprenant :
Pour les universités :
- Recrutement de 2500 enseignants chercheurs par an
- Recrutement de 2500 personnels IATOSS par an
Pour l’éducation nationale :
Des recrutements permettant le remplacement de l’ensemble des départs en retraite



Depuis plusieurs années, l’UNEF se bat pour gagner de nouveaux droits pour les étudiants et faire respecter ceux déjà acquis. Les droits en période d’examens sont particulièrement importants, surtout suite à une mobilisation étudiante : nous ne tolérerons pas que les étudiants soient pénalisés lors des examens du fait de la mobilisation du premier semestre. Nous devons rester vigilants afin que les universités respectent nos droits.
Nicolas Sarkozy a annoncé lors de sa conférence de presse le 8 janvier sa volonté de rénover les bâtiments universitaires. Si l'UNEF salue les promesses financières obtenues par la mobilisation des étudiants, elle s'inquiète de la mise en œuvre de ces annonces.
Le gouvernement a publié le 26 décembre un décret qui encadre les conditions de l’emploi étudiant dans les universités.