Le CNESER plénier a été convoqué (par mail samedi 16 juin à 11h00) le vendredi 22 juin prochain pour examiner la loi sur l’autonomie des universités. L’UNEF tient à faire part de son profond mécontentement et dénonce un passage en force.
Alors que la concertation a lieu depuis dix jours sans aucun texte, et que l’ensemble des acteurs s’en est ému à plusieurs reprises, la convocation d’un CNESER plénier avec moins d’une semaine de délai constitue une provocation, en contradiction explicite avec les engagements de la ministre de l’enseignement supérieur sur la revalorisation du rôle du CNESER.
L’UNEF dénonce le décalage entre les annonces de Mme Pécresse d’être « la ministre des étudiants » et ses actes. Pour l’UNEF, cette accélération du calendrier rend caduque toute réelle possibilité de négociation.
Aux inquiétudes sur la forme s’ajoutent des craintes quant au fond du projet. Les premiers éléments sur le contenu du projet, alimentés par les maigres orientations données lors des réunions de concertations, apparaissent en décalage avec la nécessité de réformer l’université au service d’une démocratisation effective de la réussite.
Alors que le premier ministre et la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche se sont maintes fois engagés à ne pas remettre en cause les termes de la loi Savary de 1984 en matière de sélection, le premier ministre a expliqué vendredi dernier que les universités seraient en capacité de déterminer des capacités d’accueil à l’entrée de certaines filières, remettant ainsi en cause le droit de tout bachelier de s’inscrire dans la filière de son choix.
Aucune garantie n’a été donnée en terme de maintien de la démocratie dans les établissements, notamment au sein des conseils d’administrations où l’objectif du gouvernement de baisser le nombre de membres risque de remettre en cause la présence des étudiants et des personnels.
L’augmentation des prérogatives des universités et la volonté de leur attribuer la propriété de leur patrimoine immobilier, ou de leur donner plus de marges de manœuvre en terme de gestion des personnels de manière optionnelle entraînera un accroissement des inégalités entre universités et risque de remettre en cause le statut de fonction publique d’Etat des personnels.
Alors que l’UNEF avait fait preuve de sa volonté de travailler à une réforme malgré un calendrier de discussions très resserré, cette précipitation remet en cause toute possibilité de consensus. Le gouvernement doit entendre le message qui a été adressé par les citoyens ce week-end : il n’est pas possible de passer en force sur « la loi la plus importante de la législature », faute de quoi la confiance sera rompue durablement.
L’UNEF tient à alerter solennellement le gouvernement : si le calendrier est maintenu tel quel et si aucune garantie n’est apportée quant au fond du projet, les étudiants prendront leurs responsabilités à la rentrée.



Les Universités et les étudiants ont été les grands oubliés des politiques publiques ces dernières années. La crise du Contrat Première Embauche a permis de mettre en lumière les aspirations des étudiants à de meilleures conditions de vie et d’études démontrant la nécessité d’une réforme de l’enseignement supérieur. Cette réforme doit avoir pour objectif de permettre l’accès à l’université au plus grand nombre et garantir à tous la réussite.
La Ministre de l’enseignement Supérieur et de la Recherche pour répondre à cette nécessité, a annoncé l’ouverture de cinq chantiers de réforme. Cependant, nous ne disposons aujourd’hui d’aucun calendrier de discussion sur ces chantiers. Enfin, alors que les universités et les étudiants manquent d’abord de moyens, il est nécessaire de mettre en place un collectif budgétaire, pour assurer de bonnes conditions de rentrée aux étudiants. Des mesures d’urgence doivent donc être prises pour restaurer un climat de confiance entre la communauté universitaire et le gouvernement.