La Conférence des Présidents d’Université a fait part lors de son colloque de Metz de ses propositions pour la réforme de l’université. L’UNEF partage l’objectif de réformer l’université pour permettre la réussite de tous, mais considère qu’un certain nombre des moyens listés par la CPU pour arriver à cet objectif est dangereux. Quant aux déclarations du Ministre délégué à l’enseignement supérieur, elles constituent une véritable provocation.
> Une réforme concertée est nécessaire
Une réforme de la Licence, avec pour objectif la réussite de tous, est indispensable. Il faut révolutionner les modes de transmission des savoirs et la pédagogie, notamment en adaptant la formation des enseignants à ces nouveaux enjeux. Pour répondre à cet objectif, une loi de programmation budgétaire est nécessaire, et l’UNEF partage le chiffrage avancé par la CPU de 12 000€ de dotation budgétaire par an et par étudiant. Quant à l’intégration des classes préparatoires et des grandes écoles aux universités, elle s’impose pour adosser l’ensemble des formations à la recherche et supprimer les voies de contournement et de reproduction sociale.
Sur tous ces éléments, l’UNEF souhaite travailler avec l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur et notamment la CPU pour relever le défi de la démocratisation de l’université.
> L’augmentation des frais d’inscription est contradictoire avec la démocratisation de l’enseignement supérieur
Le Ministre délégué à l’enseignement Supérieur a estimé lors du colloque de la CPU qu’il était nécessaire de multiplier par cinq les frais d’inscriptions dans les universités, de façon à augmenter leurs ressources. Pourtant, dans l’ensemble des pays dans lesquels les frais d’inscriptions ont été augmentés (Grande Bretagne, Canada, Allemagne…), l’accès à l’enseignement supérieur et la durée des études ont été limités et la sélection sociale a été considérablement renforcée. En parallèle, l’investissement de l’Etat a baissé et les ressources des établissements n’ont finalement pas augmenté. Ainsi, loin de « responsabiliser » les étudiants, l’augmentation des frais d’inscription conduit à une sélection sociale impitoyable, les étudiants les plus modestes étant contraints de s’endetter et de se salarier pour financer leurs études.
L’UNEF appelle donc l’ensemble des acteurs à ne pas s’enfermer dans les « fausses bonnes idées » libérales, et à s’appuyer sur les bilans chiffrés des expériences anglo-saxonnes. Quant à la caution sociale de la modulation des frais d’inscriptions en fonction des ressources parentales, l’analyse de l’exemple de Sciences Po Paris démontre qu’elle ne permet pas de parer à la sélection sociale.
> L’enseignement supérieur n’appartient pas à ses seuls acteurs mais à la société entière
Quant à l’autonomie des universités, l’UNEF rappelle son attachement à l’esprit de la loi de 84 qui fait de la démocratie universitaire et de la pluridisciplinarité le corollaire de l’autonomie. Ainsi, l’amélioration de la gestion des universités doit passer par une clarification et un renforcement du rôle de l’Etat, sur la carte universitaire, le cadre national des diplômes ou encore sur l’attribution des crédits. L’autonomie des universités, qui est déjà très importante, doit être améliorée par des mesures limitant le corporatisme et facilitant la gestion quotidienne.
> Les CROUS doivent rester les opérateurs de la vie étudiante
L’UNEF s’inquiète de la remise en cause du rôle des CROUS par la CPU, qui souhaite faire des universités les opérateurs de l’aide sociale étudiante et de la mobilité. S’il est souhaitable que les coopérations entre les universités et les CROUS soient approfondies, l’action sociale doit être déterminée sur des critères prioritairement sociaux et les CROUS doivent rester opérateur de l’aide sociale, de part leur savoir faire et l’association des étudiants à leur gestion. Une réforme de l’enseignement supérieur ne pourra pas se faire sans les étudiants.



Du 22 au 25 mars 2007, à Lille, l’UNEF fêtera ses 100 ans lors de son 80ème Congrès National. Ces 4 jours de débats constitueront un temps fort dans la communauté universitaire.